Tunisie : L’échec du modèle économique libéral
Vendredi, 15 Novembre 2013 16:07

«Ce sont des problèmes économiques et sociaux qui ont incité les peuples arabes à se soulever et à mener des révolutions. Or c’est toujours le modèle néolibérale qui est suivi dans la Tunisie post-révolutionnaire. Et c’est là que réside la racine du chômage endémique, de l’inflation galopante, et au final, la faiblesse de notre développement».

Tels sont les propos tenus par Massoud Romdhani, membredu Forum Tunisien des droits économiques et sociaux lors d'un séminaire international tenu à Tunis du 15 au 16 novembre, sur le thème «Pour un développement alternatif dans la région du Maghreb».

«La Tunisie a besoin d'un nouveau modèle de développement économique basé sur le respect du droit du citoyen à l'emploi et à une vie digne» a-t-il martelé, lors de cette rencontre qui a réuni des experts  de Tunisie, mais aussi venus d’Algérie, du Maroc, de Libye, d’Egypte, mais aussi de pays européens comme la France, la Suisse, ou l’Allemagne.

Emile Lizer, représentant de la fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung, tient le même langage. Il a souligné que la crise économique mondiale de 2008 et les soulèvements populaires dans la région de l'Afrique du Nord au cours de ces deux dernières années ont prouvé l'échec des politiques économiques libérales imposées par les organismes internationaux comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sur les pays en développement.

De son côté, Rami Salhi, directeur du bureau Maghreb du réseau Euro- méditerranéen des droits de l'homme (REMDH) a relevé que les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir en Tunisie après la Révolution, n'ont pas réussi à trouver un nouveau modèle de développement à même de répondre aux aspirations des Tunisiens dont notamment la réalisation de la justice sociale et le respect des droits des travailleurs.

Il a, en outre, mis l'accent sur le rôle des experts et de la société civile dans la proposition de nouvelles visions afin qu'elles soient intégrées dans les politiques des gouvernements actuels en Tunisie et dans la région.

Mais Mongi Bédoui, professeur universitaire en économie a indiqué, dans une déclaration rapportée par la Tap, que «le paysage politique tunisien actuel est axé sur les questions politiques au détriment des problèmes économiques».

Et à l'heure actuelle, les débats continuent de s'enflammer pour des questions idéologico-identitaires. Reléguant les questions prioritaires comme le chômage, le développement, et la justice social, au second plan. Et tant pis si ce sont tous les Tunisiens qui en payent le prix.

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