Pourquoi la Banque Centrale ne veut plus de Standard & Poor’s
Vendredi, 20 Décembre 2013 17:32

La Banque Centrale vient d’annoncer, dans un communiqué diffusé ce vendredi 20 décembre, que c’est elle qui a décidé, et non le gouvernement de «retirer provisoirement la notation souveraine de la Tunisie assignée par l’agence Standard & Poor’s». Cependant, la BCT précise que trois agences de notation internationales évalueront désormais  le  risque souverain de notre pays. Explications.

******

Conformément aux usages concernant l’organisation et le monitoring des relations avec les agences de notation, mission accomplie depuis toujours par  la Banque Centrale de Tunisie, cette dernière et non le Gouvernement, a jugé opportun de retirer provisoirement la notation souveraine de la Tunisie assignée par l’agence S&P.

En effet, et au vu de l’évolution de l’économie tunisienne depuis  le 14 janvier 2011 et en particulier en ce qui concerne les sources extérieures de financement et d’investissement, la Banque Centrale  a décidé de réduire le nombre  des agences de notation qui évaluent  le  risque souverain de la Tunisie à trois agences seulement, sachant que pour la plupart des émetteurs souverains, ce nombre  est souvent limité  à deux agences, une américaine et une européenne.

Il y a lieu  de rappeler que la décision de doter la Tunisie d’une notation souveraine assignée exclusivement par des agences internationales spécialisées, rentre dans le cadre d’une stratégie de financement amorcée depuis les années 1990 et qui vise une diversification des sources dont le noyau dur est le marché financier international. En effet, l’accès de la BCT en tant qu’émetteur d’obligations sur le marché financier international  pour le compte de l’Etat a nécessité la notation du risque souverain de la Tunisie.

Il est à noter que depuis les événements de janvier 2011, les évaluations  du risque souverain de la Tunisie  effectuées par les quatre agences de notations se rejoignent en classant le risque  souverain de la Tunisie dans la catégorie spéculative et aboutissent à des notations presque équivalentes, à savoir: MOODY’s Ba3 (perspectives négatives), Fitch Rating BB-(perspectives négatives), S&P B (perspectives négatives) et R&I BBB- (perspectives négatives). A cet égard,  il est à signaler  que la Banque Centrale n’a jamais interféré dans la décision  de notation d’aucune des agences mentionnées.

La réduction du nombre des agences qui évaluent le risque souverain de la Tunisie pour le ramener à trois agences, permet d’assurer une répartition rationnelle des relations entretenues par la Banque Centrale avec les agences en fonction de leur implantation géographique. En effet, après ce retrait de la notation assignée par l’agence S&P, le risque tunisien demeure noté par l’agence américaine (Moody’s), l’agence européenne (Fitch Ratings) et la japonaise (R&I).

Communiqué

Pourquoi la Banque Centrale ne veut plus de Standard & Poor’s