Le photovoltaïque, sauveur potentiel de nos finances
Mercredi, 26 Mars 2014 15:54

Tribune. En Tunisie, s'ajoute au contexte économique difficile, un climat social tendu, caractérisé par une montée exponentielle des grèves et des revendications syndicales ainsi que par une forte pression fiscale supportée majoritairement par les salariés. Face à cette situation et l’érosion du pouvoir d’achat de la classe moyenne ossature de la stabilité sociale, il y a urgence et il ne faut pas se tromper de cible ! Par Mohamed Cheikhalifa, Macro-économiste.

La cible ne saurait nullement l’augmentation des prix des denrées de premières nécessités afin de réduire les charges de la Caisse Générale de Compensation 

La cible c'est la bonne gouvernance du secteur énergétique, de la production d'électricité précisément. En effet se secteur constitue un gouffre à finance, il a reçu une compensation pour soutien des prix de ses livraisons de 2 700 M² de TND pour l'année 2013 soit à raison de 8 M² de TND/J environ !

La raison du soutien des prix de l’électricité réside dans l’usage du gaz naturel, facturé au prix du marché international à raison de 730 $ la tonne équivalent pétrole. Et nous en brûlons 4,5 M² de Tep pour produire nos 17 TWh / an d’électricité : 8 M² de $ partent ainsi littéralement en fumée chaque jour que le bon Dieu fait !

Seuls 14,4 TWh sont facturés, le reste est disséminé lors du transport dans le réseau, ce qui caractérise le système centralisé de production et de distribution du haut vers le bas, à l’opposée du nouveau système de production pour le solaire, où le consommateur devient producteur et c’est tout bénéfice pour l’environnement et l’économie solidaire !

En effet continuer ainsi, est une véritable damnation pour un pays qui dispose d’un potentiel d’énergie solaire pouvant lui fournir 17 000 TWh/an, et dont ses besoins ne constitueraient que le millième !

Pour réduire drastiquement le recours au maudit gaz de la discorde, il y a lieu de se rabattre illico presto sur l’électricité  Photovoltaïque dont les équipements sont devenus très bon marché. En effet  un kit de puissance de un kW crête couterait aux cours d’aujourd’hui 1000 euros ; planté sur 9 m² de nos 100 km² de toits prêts à l’emploi,  il livrerait un minimum de 1 600 kWh/an pour 25 ans minimum. Avec un tel rendement, le prix du kWh ne dépasserait pas les 100 millimes sans  compensations aucunes !  Il n’est pas généreux le soleil ?

Nous aurons à s’équiper en une année de 3 GW sur 30 km² de nos toits. La récolte serait de 5 TWh/an ; et ce au lieu d’investir dans la centrale nouvelle projetée à Rades avec des fonds d’emprunt et du fossile à  en augmenter l’importation ! C’est à s’en mordre la queue !

A titre d’exemple,  le Japon, qui essaie de nous vendre la  centrale au fossile, ne disposant que de la moitié de notre rayonnement, vient de nous montrer l’exemple en ce domaine en s’équipant en 8 mois, de 5,58 GW PV

Réduire, ne serait-ce que de 30 %, la consommation  de ce gaz brulé impacterait positivement notre déficit commercial, qui était de 11 800 M² de TND pour 2013, et le réduirait de pas moins de 1 800 M² de TND en le ramenant à 10 000 M² de TND tout en écrémant l’intervention de l’Etat pour le soutien des prix à la consommation électrique de 900 M² sans impacter négativement le pouvoir d’achat des citoyens !

Un tel programme peut être exécuté en coordination avec la STEG et l’ANME, aidées en cela par l’impulsion du panel d’énergéticiens qui orne le Gouvernement actuel. Le financement se ferait à l’instar du projet en cours Prosol. L’Etat ne dépensant aucun dinar à cet effet car les ménages financeraient leur installation. En outre les finances publiques seraient allégées du fardeau de la compensation, sans coup férir, dans cette période de vache maigre !

Ainsi le bon investissement pour le PV chasserait le mauvais pour la centrale projetée, notre économie ne pourrait que mieux se porter si ce Gouvernement de technocrate le permettait !

Le photovoltaïque, sauveur potentiel de nos finances