Pétrole en Tunisie : L’odeur de la corruption
Jeudi, 10 Avril 2014 12:11

«Des soupçons de corruption», derrière l'octroi du permis du gisement de Miskar, qui assure 48% de la production nationale de gaz naturel. D’où la nécessité selon Maitre Faouzia Bacha, avocate à la Cour de cassation et spécialiste des contrats pétroliers internationaux,, d’un véritable coup de balai.

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La corruption dans le secteur de l’énergie et du pétrole continue d’alimenter la controverse en Tunisie. Un sujet brûlant qui a été au centre des débats lors du séminaire organisé le mercredi 9 avril à Tunis, par le Courant Démocratique (Tayyar). Une thématique d’autant plus d’actualité, que le budget de l’Etat affiche un gouffre financier à résorber d’urgence pour boucler le budget.

Seulement voilà : Maitre Faouzia Bacha, avocate à la Cour de cassation et spécialiste des contrats pétroliers internationaux, l'économiste Mohamed Mabrouk et l'ingénieur en énergie Habib Ben Farhat, auront, au cours de ces débats, dénoncé les défaillances de la gestion du secteur stratégique des hydrocarbures, mettant en exergue l’opacité qui entoure encore l’énergie en Tunisie.       

Mme Faouzia Bacha, a ainsi appelé l'Etat tunisien à «accélérer la révision des contrats pétroliers conclus après la Révolution et à lutter sérieusement contre la corruption qui persiste dans le secteur de l'énergie en Tunisie». La juriste a en effet estimé que «la Tunisie a toute la légitimité et le droit de réviser ces contrats», en se basant sur la convention internationale de lutte contre la corruption et en se référant aux derniers rapports de la Cour des comptes et de la Commission nationale d'investigation sur les affaires de la corruption et de la malversation. Et à en croire Me Bacha, la révision en question devrait permettre à notre pays de mobiliser à court terme des ressources financières supplémentaires.

L’avocate, a ainsi fait part «de soupçons de corruption», derrière l'octroi du permis du gisement de Miskar, qui assure 48% de la production nationale de gaz naturel. D’où la nécessité, selon elle, d’un véritable coup de balai à la tête de certaines entreprises publiques actives dans le secteur, et dont les premiers responsables ont pu favoriser des entreprises étrangères sur des bases malsaines.

De son côté, l’économiste Mohamed Mabrouk préconisera la mise en place d’un Conseil National de l’Energie, composé de techniciens du métier et de députés, qui pourront accéder aux sites de production, aux documents comptables et aux contrats, pour veiller à la transparence et surveiller la bonne gouvernance. M. Mabrouk s’interrogera toutefois  sur le renoncement du gouvernement Jebali a adhérer à l’initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), après s’être engagé pourtant à le faire.

Un renoncement qui peut laisser perplexe, puisque l’on sait, au moins depuis septembre 2013, que «les secteurs très rentables comme ceux de l'énergie et du pétrole sont les plus touchés par la corruption», de l’avis même de M. Samir Annabi, président de l'Instance nationale de la lutte contre la corruption (INLC). 

Pour Mohamed Abbou, le secrétaire général du Courant Démocratique, qui a remis sur le tapis les problèmes des hydrocarbures en Tunisie, «l’heure est venue pour passer à l’audit détaillé du secteur».

Moez E.K

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