Gravity: L'épopée spatiale en 3D rempile au Colisée
Dimanche, 17 Novembre 2013 13:49

Initialement programmé jusqu’au 16 novembre, «Gravity», le film américano-britannique réalisé par Alfonso Cuaron avec Sandra Bullock et Georges Clooney restera à l’affiche du cinéma Le Colisée, à Tunis, pour deux semaines supplémentaires. Retour sur cette épopée spatiale en 3D, avec en filigrane l’histoire d’une femme.

Ryan Stone (Sandra Bullock) est envoyée par la NASA pour réparer un satellite avec l’aide du Dr Kowalski (Georges Clooney). Une explosion causée par les Russes provoque une déflagration, des milliers de débris ont été projetés dans la direction du satellite des deux protagonistes. C’est l’effet boule de neige qui entraine la mort de tous les passagers excepté Ryan Stone.

Les images confectionnées en 3D sont surprenantes, on redécouvre notre planète Terre : magistrale. Tout au long du film, on assiste à un hommage à cette Terre qui est aussi immense que cet espace infini qui l’entoure. Dans le film, notre planète n’est pas minuscule, au contraire elle a une taille assez importante et elle est omniprésente du début jusqu’à la fin comme toile de fond  ou actrice principale par moment. Le premier plan qui s’ouvre dans l’espace vaste et infini où on rencontre deux corps flottants, insignifiants, sans repère et sans défense, fait écho au dernier plan qui montre l’Homme dans son élément, faisant ses premiers pas sur Terre la redécouvrant avec émerveillement. «Gravity» nous invite à diverses réflexions autour de la solitude, du silence, du néant ; des notions qui sont aux antipodes de la Vie (symbolisées tout au long du film par une corde, sorte de cordon ombilical qui relie les deux survivants, Bullock et Clooney). La scène où Sandra Bullock atteint le satellite russe pour s’y réfugier marque un moment fort du film.  Elle y aspire frénétiquement les premières bouffées d’oxygènes, enlève sa combinaison spatiale et prend ensuite une position fœtale.

Là où l’Homme a toujours aspiré à dépasser ses limites, à avancer, à découvrir d’autres lieux et d’autres formes de vie, Cuaron montre que le retour vers les origines, le rattachement à la Terre est une chose inhérente à l’être humain et qu’il ne peut s’en détacher complètement ou la dépasser définitivement. Tourmentée au début, Ryan ne sait pas si elle veut vivre ou se laisser mourir, rien ne l’attend sur sa planète mais son instinct de survie l’emporte.  Le réalisateur reprend l’histoire de l’Homme, sa perception et sa place au sein de l’Univers.  Il pose autrement le problème de l’évolution et de l’avancée scientifique. On assiste à l’apogée scientifique de l’Homme, son avancée spectaculaire, son intelligence et sa faculté d’adaptation. On remarque aussi sa fragilité, son impuissance face à la nature et à sa force terrifiante.

«Gravity» dépasse la simple tentative de survie d’une femme perdue dans l’espace et livrée à elle-même. Elle y symbolise l’Homme, ses peurs, sa fragilité, sa sensibilité, ses craintes, ses doutes et ses limites.

Faten Letaief

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