Le graffiti tunisien s’expose à Paris
Mercredi, 12 Mars 2014 08:22

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas sur un mur en plein air mais bien sur des toiles que quatre graffeurs tunisiens de talent se sont exprimés dans le cadre d'une exposition collective baptisée «Graffiti Tounsi» dont le vernissage a eu lieu le 08 mars à la Fondation de la Maison de Tunisie à Paris.

 

Il s’agit de SK-ONE, VA-JO, MEEN-ONE et INKMAN, La fondation de la Maison de Tunisie a fait place nette afin d'accueillir l'imagination fébrile, longtemps bridée, de ces jeunes graffeurs tunisiens. Elle fait ainsi de ses murs, le temps de l'exposition, un espace sans frontières où la pensée du visiteur vagabonde à la rencontre de différents univers. Chacun de ces street artistes a apposé son empreinte à la bombe aérosol, à l'acrylique, au fusain, à l'encre ou encore au crayon. Au-delà de leurs créations, ce sont leurs identités qui se juxtaposent et se complètent.

Ainsi, le regard du visiteur est tout de suite attiré par les personnages colorés, pop et ludiques tout droit sortis de l'imaginaire de Jaouher Soudani, alias Va-Jo. Cet artiste à l'âme d'enfant qui "refuse de grandir" a manié les bombes aérosols avec une extrême minutie "arrêtant même de respirer " afin de transposer sur ses toiles les images qui se bousculent dans sa tête et hantent son esprit. Il détourne des éléments du folklore tunisien afin d'apposer son propre style. 

Puis le visiteur s’immerge dans un tout autre univers non moins passionnant, celui de INK-MAN de son vrai nom Mohamed Kilani Tbib. Avec ce jeune artiste, c'est un calligraphiti un brin poétique qui est à l'honneur. En effet, cet " amoureux de l'univers typographique " fusionne la calligraphie arabe et latine dans une forme qu’il a voulue circulaire. L'idée générale, nous a-t il, confié est " d'avoir un esprit oriental à la composition mais avec des lettres latines personnalisées ". 

Ce fut ensuite au tour de SK-One de son vrai nom Hafedh Khediri de nous entrainer avec son style urbain et coloré. Des graffs punchy et acidulés qui sont sa signature. Cet artiste de talent a été, rappelons le, le premier graffeur tunisien à organiser une exposition personnelle de graffiti en Tunisie en 2009 à la galerie ARTYSHOW. Aussi, jouit-il aujourd’hui d'une certaine reconnaissance dans le milieu. Loin de se reposer sur ses lauriers, il ne cesse d’innover et de tester des techniques différentes. 

SK-One n'a malheureusement pas pu faire le déplacement depuis Montréal pour assister au vernissage. On croise néanmoins son personnage affublé d'une casquette dans sa toile " Arabic flava " ou clamant que "graffiti is not art" dans " correction".

 Moeen GHARBI alias Meen-One a quant à lui mis l'accent, par le biais d'une composition multi-toiles,  sur les liens entre les peuples et les cultures au delà des frontières. Ces liens sont  symbolisés sur sa composition par une ligne de chemin de fer. Le graffeur a ainsi tenu à délivrer " un message de respect et de tolérance que doit véhiculer le graffiti et la culture hip hop de façon générale ". Comme en écho à cette volonté, des graffeurs d'autres crews étaient également présents au vernissage. 

Akrem Belaid, chargé de l'activité culturelle à la maison de la Tunisie, nous a confié qu’il cherchait à travers cette exposition à " booster la promotion de la scène culturelle tunisienne". Un pari réussi si l’on croit l’accueil réservé par les visiteurs.

L'exposition se plongera pour notre plus grand bonheur jusqu'au 29 mars. 

                                                                                                                            Meriem E.

Le graffiti tunisien s’expose à Paris