«Conflit» zappé par les JCC
Samedi, 15 Novembre 2014 10:09

Moncef Barbouch, cinéaste de son état, ne décolère pas. Son dernier long-métrage, intitulé «Conflit», qui évoque les années de plomb du règne de Ben Ali, n’a en effet pas été retenu pour les  Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) qui auront lieu du 29 novembre au 6 décembre.

Dans une déclaration donnée à la chaîne TNN, le réalisateur regrette que le film ne soit même pas projeté en marge de la compétition. Pourtant, le long-métrage réunit a priori les ingrédients qui auraient pu attirer un certain public dans les salles obscures délaissées. Avec un scénario qui parle aux Tunisiens, puisqu’il retrace la vie d’une famille prise dans l’étau de la dictature, avec son cortège de misère, de violence d’Etat, de torture et d’emprisonnement. Et l’histoire est servie par des acteurs du calibre de  Salah Jday, Slaheddine Msaddek, et Hichem Rostom. Mais les organisateurs des JCC ont un autre point de vue sur la question, et affirment, «ne pas avoir à justifier leurs décisions».  

Pourtant, la Tunisie ne produit que deux à trois films par année. Le long-métrage tunisien est donc d’une rareté telle, qu’il mériterait logiquement d’être protégé. Or nos institutions culturelles trouvent encore le moyen d’évincer les œuvres qui, pour une raison ou pour une autre, ne leur reviennent pas. 195 films seront projetés lors de cette édition 2014 des JCC. On exhumera même pour l’occasion des œuvres du passé, pour les honorer. Quant au «Conflit», de Barbouch, à la thématique on ne peut plus d’actualité, il sera tout simplement zappé.

Exilé depuis 1991 au Canada, Moncef Barbouch n’a pu retourner en Tunisie, et à son île natale de Djerba, qu’au lendemain de la Révolution, en 2011. Mais pas de chance : manifestement le cinéma tunisien n’est pas près de sortir du hammam dans lequel il semble être emprisonné. Condamné à se regarder le nombril à perpétuité.

Moez E.K

«Conflit» zappé par les JCC
 

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