Tunisie : Manif ou pas, Meherzia Laâbidi reste Française
Samedi, 09 Février 2013 17:30

meherzia-laabidiMeherza Laâbidi, la vice-présidente de l’Assemblée Nationale Constituante, qui s’est présentée en anglais, dans une vidéo désormais célèbre, comme étant une Française d’origine tunisienne, irait-elle jusqu’à renoncer à la nationalité de son pays d’adoption ?

C’est en tous cas la question que se posent certains observateurs. Surtout depuis le déclenchement de la campagne menée contre la France par les sympathisants de son parti, Ennahdha.

Pour le moins paradoxal quand on sait que ce même mouvement a fait le plein, lors des élections du 23 octobre, en France, grâce à l’électorat issu de l’émigration tunisienne. Les progressistes avaient d’ailleurs reproché à nos concitoyens d’outre-méditerranée, déjà en bute à la dérive droitière dans l’Hexagone, marquée notamment par la lepénisation des esprits,  de favoriser la montée de cette même tendance en Tunisie. CQFD.

On se souviendra qu’à l’époque de la nomination de Meherza Laâbidi à ce poste important à l’ANC, une polémique s’était déchaînée sur le bienfondé d’une telle démarche. Puisque jusqu’ici, les fonctions officielles tunisiennes étaient réservées aux détenteurs d’une seule et unique nationalité, en l’occurrence tunisienne. Sans même parler du débat sur l’hémorragie en devises fortes qu’était censé constituer le paiement en euro des salaires de certains députés binationaux. Or dans le contexte actuel marqué par de fortes tensions diplomatiques, ce même débat redevient d’actualité, puisque les ingérences sont désormais officiellement affichées. Le ministre de l’Intérieur français ne s’étant pas embarrassé de circonlocutions diplomatiques, pour affirmer son rejet d’Ennahdha, et de son projet «islamique».

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Une déclaration qui a valu une avalanche de réactions, en Tunisie. Mais des réactions toutes en mesures, qui ne sauraient se montrer à la hauteur de la provocation. Prudence et mère de sûreté, se rappelle-t-on. Et il s’agit de ne surtout pas insulter l’avenir, d’autant plus qu’il semble fort incertain, depuis les funérailles grandioses de Chokri Belaid, vendredi. Surtout qu’à côté, les manifs relayées ce samedi 9 février, par la chaîne qatarie font pâle figure.

C’est ainsi qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun élément d’information ne permet de croire que la vice-présidente de l’Assemblée Nationale Constituante, et encore moins certains de ses collègues d’Ennahdha, ne renonceront aux bénéfices et aux délices de la nationalité bigame.

Les mauvaises langues dont les racontars n’épargnent décidément personne, rapportent que ces hauts responsables ne voudraient surtout pas se priver d’une porte de sortie, fût-ce-t-elle française ou anglaise. Rien de bien nouveau, sous la pluie, puisque quand Hammami ou Jebali croupissaient dans les prisons de Ben Ali, Zitoun préférait se dorer la pilule, à Londres, sous le parapluie de Ghannouchi. Et après tout le Bardo n’est qu’à deux heures d’avion de Paris. Et il paraît que rien ne vaut la londonienne horloge Big Ben, pour remettre à l’heure les pendules tunisiennes.

Oualid Chine

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