Zombie au Canada et vampires en Tunisie
Mardi, 17 Avril 2012 15:29

zombie-tunisiePauvre Belhassen Trabelsi. Le voici transformé en zombie, atteste son avocat, M. Fayçal Ben Jaafar. Et le juriste précise que le message envoyé par son client n’est pas «une lettre d’excuses, car selon lui, celui qui s’excuse s’accuse». Or on conviendra aisément, comme la plupart des Tunisiens, que rien n’accuse M. Trabelsi.

Mieux : on apprendra même qu’il est en réalité à plaindre. «Belhassen Trabelsi, qui a beaucoup perdu de ses moyens physiques, est aujourd’hui un zombie» déclare l’avocat sur les ondes d’ExpressFM, le lundi 16 avril.

Ce que l’on ne nous dit pas, par contre, c’est ce que l’on fera de ses amis vampires. Les mauvaises langues disent que la justice transitionnelle n’en finit pas de glisser vers le transactionnel. Il est vrai que jusqu’ici, Les hommes d’affaires  qui sévissaient avec la bénédiction du clan Ben Ali, n’ont pas été, pour bon nombre d’entre eux, jugés. Les vampires continueront donc de sévir dans le clair-obscur du non-dit politique. Sans doute parce que le pouvoir de la magicienne de Carthage continue de s’exercer à distance, pendant que d’autres prennent à cœur leur rôle d’apprentis sorciers.

vampire tunisieOn aura pourtant noté, que la justice tunisienne n’est pas toujours aussi lente à la détente. Les jeunes qui ont brûlé les postes de police le 14 janvier ont ainsi été promptement condamnés à 30 ans de prison. Les plus critiques crieront au scandale, et se demandent si Mohamed Bouazizi, l’icône de la Révolution n’aurait pas été condamné à passer le restant de ses jours en taule, s’il avait eu le mauvais goût de rester vivant. 

En attendant, le ministère des Droits de l’Homme et de la Justice Transitionnelle, M. Samir Dilou en personne, s’est empressé de rassurer le capo des Trabelsi : s’il ramène sa fraise en Tunisie, il aura droit à un procès juste et équitable. Et s’il finit (malencontreusement) par être condamné à quelques mois de prison, gageons qu’il les passera à La Aouina, avec tout le confort dû à son rang. Révolution ou pas, on ne va pas mélanger les torchons avec les serviettes. Un Trabelsi, même en taule, n’aura pas à côtoyer le menu fretin et ses collègues délinquants qui se bousculent à quarante dans une cellule. Rien que pour Trabelsi et ses amis, nos autorités se feront un point d’honneur de respecter les droits de l’homme. Même si en l’occurrence, de l’avis de son avocat, il s’agit plutôt d’un zombie.

Certes, il ne s’agit pas ici de revendiquer les châtiments classiques des séries B du cinéma d’horreur. Encore moins de remettre au goût du jour, les recettes qu’appliquait Ben Ali dans les caves du sinistre ministère de la Terreur pour réduire au silence les morts-vivants. Mais quand on apprend que les autorités canadiennes se disent surprises par le laxisme de nos responsables vis-à-vis du dossier Trabelsi, on en est en droit de se demander si la Révolution n’est pas en train de se faire vampiriser.

Oualid Chine

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