Tunisie : Blanchiment d'argent halal
Samedi, 12 Mai 2012 16:24

flouss-halel tunisie«Des discussions sont en cours, visant la promulgation d’une fatwa qui autorisera le don de biens mal acquis dans des projets caritatifs». C’est ce qu’a déclaré M. Nourredine Khadmi, le ministre tunisien des affaires religieuses, le vendredi 11 mai, en marge d’une cérémonie organisée par l’association de bienfaisance «Afef» (soit pureté en français), dont l’objectif affiché est de combattre le retard du mariage, en Tunisie.

Ces propos qui marquent un tournant dans l’évolution de la Tunisie d’après la Révolution, ont été rapportés par l’agence de presse allemande, DPA. Ainsi, est-il question d’émettre une «fatwa qui permettrait d’investir l’argent sale (amwal machbouha), dont les détenteurs ont été impliqués dans des affaires de corruption, dans des œuvres de bienfaisance». Le ministre précisera même que «la fatwa est en voie d’être émise».

En somme, la zakat, c’est-à-dire l’aumône légale islamique, permettra peut-être, dans le cas d’espèce, d’éviter la «Mouhassba». Certes, le concept de la «Mouhassba», exigeant que des enquêtes soient diligentées, et que l’on rende compte au bon petit peuple jusqu’ici grugé,  est peu familier à nos cheikhs autoproclamés.

khadami noureddineLa fortune amassée par des voies pour le moins détournées, et en tout cas peu compatible avec les principes de l’Islam, sera-t-elle ainsi pour autant lavée de ses péchés originels ? Faut-il donc donner raison à ceux qui ont travaillé main dans la main avec les Trabelsi ? Peut-être. Puisque en somme, en s’acquittant ainsi d’une partie de leurs biens mal acquis, ils pourront conserver le reste, et continuer à bénéficier de leur place au Soleil dans la société tunisienne, alors que l’on aurait espérer les voir à l’ombre.

Soyons plus clairs : les associés de Belhassen Trabelsi, les courtisans des gendres de Ben Ali, les financiers du RCD, les arnaqueurs de la sphère bancaires, les hôteliers peu hospitaliers, les joueurs au poker menteur, pourraient ainsi être pardonnés. Les Tunisiens auront du reste remarqué qu’ils continuent de sévir impunément dans le microcosme médiatique, et dans la nébuleuse financière. Les voici désormais religieusement rassurés, le salut de leur âme étant assuré.

Après avoir versé leur dîme, ils seront désormais rangés aux côtés des bon citoyens, et pourront même, au besoin, les employer, crise oblige. Mieux : les margoulins et autres demi-sels seront ainsi pardonnés, et absous de leurs péchés véniels. Ce qui leur permettra de resserrer les rangs des bons Musulmans. A ce stade, un citoyen tunisien, s’exclamera sarcastique, sur les réseaux sociaux, «Bientôt on ne parlera, peut-être, plus de blanchiment d'argent, mais de sa «Hallalisation». Vive La Révolution !

Oualid Chine

Tunisie : Blanchiment d'argent halal
 

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