Jeudi, 20 Décembre 2012 13:42

ayadi abderraoufAbderraouf Ayadi, leader de Wafa (dissident du Congrès pour la République), figure historique du mouvement «Perspectives» de l’extrême-gauche tunisienne, est pressenti pour diriger le ministère de la Justice. Me Ayadi, s’était déjà porté candidat à ce poste, après les élections du 23 octobre, et avait été le seul à refuser tout autre portefeuille ministériel.

Selon Slim Boukhdhir, le chargé d’Information du mouvement Wafa, le poste ne serait accepté que si Ayadi obtenait des garanties sur l’application de son programme de réformes en profondeur. A noter que Wafa fait de la lutte contre la corruption et de la reddition des comptes (Mouhassaba) son fer de lance. Un congrès est même organisé en ce sens par le mouvement pour présenter au grand public un programme qui considère la transparence et  l’ouverture des dossiers de la police politique comme un préalable incontournable.

Ayadi affirme ainsi clairement : «Pour nous le combat contre la corruption est une foi, une mission dans laquelle doivent s’intégrer toutes les forces vives de la Nation. Il ne s’agit pas d’un simple dispositif administratif tel que celui mis en place par Ennahdha».

Ennahdha, qui n’ignore guère cet aspect de l’ombrageuse personnalité de Me Ayadi, voudrait-elle enfin assainir les dossiers restés en suspens, pour terminer sur un coup d’éclat, et redorer un blason terni par les accommodements avec d’éminentes figures du RCD ? La campagne Ekbess qui s’est entretemps terminée sur une note d’échec aurait-elle porté tardivement ses fruits ? Les plus sceptiques refusent de le croire, et avancent plutôt une autre explication.

abderraouf-ayadi

Pour l’aile gauche de Wafa, il s’agirait plutôt, pour le parti de Ghannouchi, de neutraliser les voix discordantes en les obligeant à mettre les mains dans le cambouis. Une vision des faits qui ne peut être totalement exclue dans la mesure où Abderraouf Ayadi est susceptible de drainer une proportion  non-négligeable de l’électorat d’Ennahdha, dans un contexte où la cote de popularité du mouvement de Ghannouchi est plutôt en berne. Il s’agirait donc de faire d’une pierre deux coups. D’un côté l’entrée d’Ayadi dans le gouvernement pourrait donner un nouvel élan à un département de la Justice plutôt controversé. De l’autre, cette nomination pourrait contribuer à rassurer un électorat qui croit encore à l’argument de la «Mouhassaba».

Et en attendant, cette offre ministérielle est accueillie de manière mitigée par une bonne part des militants d’un parti déjà échaudés par l’alliance d’Ennahdha avec le CPR. Il faudra donc attendre la réunion prévue ce jeudi 20 décembre 2012 au siège du mouvement Wafa, pour en savoir plus.

Moez El Kahlaoui

Tunisie : Quelle mission pour Abderraouf Ayadi ?
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