Vendredi, 21 Décembre 2012 20:03

fbiDes enquêteurs du FBI auraient interrogé Ali Harzi,  principal suspect dans l’attaque du consulat américain à Benghazi. C’est ce qu’a affirmé Azad Badi, député du Mouvement Wafa à l’Assemblée Nationale Constituante, précisant qu’il a été informé sur la présence d’agents américains au tribunal de première instance de Tunis.

Pour rappel  Ali Harzi, a été interpellé début octobre en Turquie en compagnie d'un autre tunisien. Les deux hommes avaient été arrêtés à l'aéroport d'Istanbul alors qu'ils tentaient d'entrer en Turquie en possession de faux passeports. Et le fait qu’il soit interrogé par des agents du FBI n’est pas vraiment une surprise, puisqu’ils sont arrivés en Tunisie depuis novembre dernier, «pour assister à l'interrogatoire d'un Tunisien soupçonné d'être impliqué dans l'attaque du 11 septembre 2012, qui a visé le consulat des États-Unis  à Benghazi, et qui a causé la mort de Christopher Stevens, l’ambassadeur américain en Libye». Un magistrat tunisien a en effet autorisé les Etats-Unis de faire usage de leurs «techniques et savoir-faire» pour interroger de «présumés terroristes» (voir à cet égard notre article «Tunisie : Jusqu’à quel point coopérer avec le FBI»).

A l’époque, deux sénateurs américains républicains, Lindsey Graham représentant la Caroline du Sud et Saxby Chambliss de la Géorgie, ont même brandit des mesures de rétorsion en avançant que «si les agents US ne pouvaient accéder au suspect, cela pourrait altérer les relations entre les deux Etats et pourrait se traduire par une coupure de l'aide US à la Tunisie». La décision a donc bel et bien été prise.

fbi-tunisieSeulement voilà : «Les avocats tunisiens ont été empêchés d’assister à l’interrogatoire», a déclaré M. Badi, ce vendredi 21 décembre, sur les ondes de Mosaique FM, rejetant les justifications du juge d’instruction, selon lesquelles  M. Harzi a été entendu en tant que témoin. 

Or selon M. Badi, «Ali Harzi a été entendu en tant qu’accusé». Le député a, à cet égard, réclamé une réaction de la part du ministre de la Justice sur ce qu’il qualifie «d’atteinte à la souveraineté  de l’Etat tunisien».

Quant au ministre de la Justice, M. Noureddine Bhiri, il a confirmé les propos du juge d’instruction,  soulignant que celui-ci «avait autorisé la présence des agents du FBI à l’interrogatoire sans qu’ils aient le droit de l’interroger et ce dans le cadre d’une commission rogatoire entre la Tunisie et les États Unis, en conformité avec  les procédures judiciaires internationales en vigueur et les pactes internationaux en la matière».

Et lors de sa visite aux Etats-Unis, Hédi Ben Abbes, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères chargé de l’Amérique et de l’Asie, a déclaré, en novembre dernier que «les Tunisiens n’oublieront jamais le soutien que les États-Unis ont exprimé dès le début de la Révolution lorsque les autres nations étaient hésitantes». Mais Ben Abbes s’est également permis d’interpeler les USA : «les États-Unis permettraient-ils à des enquêteurs étrangers à interroger un citoyen américain sur le sol américain» ?

Synth. Moez E.K

Le FBI interroge un suspect tunisien en Tunisie
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