Mardi, 22 Janvier 2013 13:12

sidi-mehrezChronique. Du théâtre burlesque, la scène politique tunisienne vire aujourd’hui au grotesque ubuesque. Mustapha Ben Jâafer, médecin de gauche francophile, grand ami du Parti Socialiste français, aurait âprement négocié un nouveau strapontin avec Ennahdha.

Il paraît même que pour le retenir, avant qu’il ne fasse un «malheur», le parti de Ghannouchi lui aurait proposé d’être le nouveau joker du duo qui a survécu (non sans dégâts) à la troika désormais (presque) débarrassée du non moins comique Congrès Pour la République. C’est donc en ce sens qu’il faudrait interpréter les gesticulations des uns et des autres, à l’aube ce remaniement ministériel aux allures de vaudeville.

Quant à Rached Ghannouchi, il ne semble guère s’émouvoir de voir ses «enfants» égarés mourir de faim en prison, et encore moins d’assister à leur exportation du front syrien au Mali, en passant par nos frontières avec l’Algérie. Pendant ce temps, des détails filtrent dans la presse internationale sur le soutien du grand argentier qatari à la rébellion au Mali, où des citoyens tunisiens seraient déjà ensevelis.

De l’autre côté de l’échiquier, le Parti Républicain, qui n’est plus qu’une réminiscence du défunt Parti Démocratique Progressiste, et El Massar, se sont finalement officiellement alliés à l’Appel de Tunisie, dirigé par le revenant Caïd Essebsi. Une nouvelle troïka de l’opposition est née, aussi improbable et que celle qui prétend nous gouverner.

Les héritiers de l’ex-Parti Communiste Tunisien, changeant de dénomination au fil du temps, passant d’Ettajdid, au Qotb, avant de devenir El Massar, ont décidément le goût du paradoxe. Les voici aujourd’hui se rangeant du côté des Destouriens, dans une posture qui ne doit pas grand-chose au matérialisme dialectique. Mais ce qui apparaît comme le comble de la contradiction, n’est qu’au fond qu’un autre élément de dérision. Puisque les défenseurs du prolétariat ont réalisé leur meilleur résultat, lors des élections du 23 octobre à la très bourgeoise Cité Ennasr. Ce qui justifiera sans doute a posteriori, les alliances nouées  avec les nouveaux amis.

Néjib Chebbi, aura ainsi passé du nationalisme arabe le plus farouche, au marxisme, et après trente ans de militantisme et de résistance face au despotisme «éclairé» de Bourguiba, puis contre la dictature de Ben Ali, voici qu’il décide de jouer au supplétif de ceux qu’il a combattus toute sa vie. M. Chebbi nous jouera même un remake du «Grand pardon», et après tout, ne dit-on pas que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ? Tant pis pour la grande Maya Jeribi !

C’est dire que la célèbre milice destourienne créée par Mohamed Sayyah (actuellement membre de Nida Tounes), pour réprimer les camarades perspectivistes de Néjib Chebbi, est passée à la trappe de l’Histoire. Aujourd’hui, ce sont d’autres milices qui s’agitent, celles qui se disent «protéger» la Révolution, sous la bannière Nahdhaouie.

Finalement, il n’y a que l’étendard qui change, dans notre bonne vieille Tunisie. Et quand Ubu devient roi de Tunisie, il n’y a plus qu’à confier notre destin à Sidi Mehrez, le seul sultan légitime de la Médina, et son ultime protecteur. A moins que les fils égarés de Ghannouchi, ne s’avisent de le brûler aussi.

Soufia Ben Achour

Ben Jaâfar, Chebbi, et Ubu roi de Tunisie
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