Tunisie : Suspicions sur les crises cardiaques à répétition
Samedi, 06 Avril 2013 21:25

faouzi-ben-mradLa mort de Faouzi Ben Mrad, membre de la commission de défense de Chokri Belaid, un avocat qui a contribué à la dissolution du RCD, a suscité une polémique, dans un contexte où la suspicion semble plus que jamais régner.

Son décès par crise cardiaque annoncé ce samedi 6 avril, a ainsi été considéré comme étant plutôt suspect, par bon nombre de Tunisiens.

Pour rappel, Me Ben Mrad avait déclaré en février 2013, soupçonner l’implication de citoyens algériens dans la mort de Chokri Belaid, avant de se faire désavouer par la famille du martyr de la gauche tunisienne. Voici qu’il meurt à son tour, à peine un mois un plus tard.

Et sa mort soulève bien des questions.  Les Tunisiens s’interrogent, en effet, sur cette «épidémie» de crises cardiaques qui semblent frapper des personnalités politiques. Et pour cause.

Le 2 janvier 2012, c’était Maître Abdelfattah Amor, juriste et ancien fonctionnaire des Nations Unies, et surtout le président de la Commission nationale d'investigation sur les affaires de corruption et de malversation qui mourrait des suites d'une crise cardiaque.

crise cardiaque tunisieEn décembre 2013, l’activiste Tarek Mekki, l’homme qui a appelé les Tunisiens à prendre l’assaut le palais de Carthage pour déloger le dictateur Ben Ali, celui qui a inauguré les harangues incendiaires sur les réseaux sociaux, est aussi décédé d'une crise cardiaque à Hammamet.

Dans la soirée du 10 janvier 2013, Habib Babour, membre de la Commission de coordination du parti de Nida Tounès à Tataouine, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Tunis. L’autopsie avait révélé qu’il était mort suite à une crise cardiaque. Certaines sources du parti dirigé par Caid Essesbi affirment que M. Babour devait succéder à Lotfi Nagdh en tant coordinateur de Nidaa Tounès à Tataouine. Or M. Nagdh lui-même, a également été déclaré, dans un premier temps, «mort des suites d’une crise cardiaque» avant que cette version initialement «certifiée» par un médecin légiste, ne soit abandonnée, sous la pression de l’opposition. La confiance a donc ainsi été depuis sérieusement entamée.

Il n’en fallait pas plus pour créer une atmosphère de méfiance, voire même de défiance, alimentée par les commentaires qui se déversent sur les réseaux sociaux. Et le fait que l’enquête sur les commanditaires de l’assassinat de Chokri Belaid n’avance pas vraiment au rythme souhaité, contribue à la dégradation avancée du climat politique. Et voici que la mort de l’un de ses proches, le défunt Me Faouzi Ben Mrad,  contribue indirectement à instiller le doute, et renforcer les suspicions.

Soufia B. A

Photo: Le Courrier de l'Atlas

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