| Le burnous, de Houari Boumediene à Moncef Marzouki |
| Mardi, 13 Décembre 2011 13:37 |
C’est que les Tunisiens n’ont pas été habitués à ce que nos responsables politiques portent des vêtements traditionnels en dehors des fêtes religieuses. Pourtant le burnous plonge ses racines dans l’histoire du Maghreb, et dans la terre de nos aïeux, même si ce manteau bien de chez nous s’est retrouvé longtemps cantonné dans nos campagnes, et dans les villes et villages de la Tunisie profonde. Ibn Khaldoun en faisait même l’un des symboles de l’identité des Maghrébins, qui, se définiraient, selon lui («halq erou’ouss, akl el couscous, wa lebss el barnouss»), par des cheveux courts, leur goût immodéré du couscous, et enfin, par leur port du burnous. Or justement, cette appartenance, Moncef Marzouki la revendique et a même choisi de l’afficher, comme pour donner le ton, en cette cérémonie d’investiture.
Mais Moncef Marzouki, le dirigeant sans cravate, à l’image des responsables iraniens, n’a pas attendu son investiture pour arborer le burnous. De nombreuses photos le montrent en costume, (petite concession vestimentaire à la mode occidentale), mais enveloppé dans cette cape qui plonge ses origines dans notre histoire berbéro-arabe. Et le choix du burnous par Moncef Marzouki n’est donc pas uniquement une marque de sobriété ou de simplicité. Mais un signal fort et délibéré destiné à marquer les esprits pour signifier sa volonté de revaloriser notre identité jusqu’ici marginalisée. Marwene El Gabsi Facebook Social Comments Box for Joomla |