Mercredi, 07 Août 2013 03:03

bardoDes hommes, des femmes voilées, ou en chemise d’été, des jeunes, des moins jeunes, des mères de famille... Encore une fois, le sexe dit «faible» a fait une démonstration de force. Ses représentantes virevoltantes étaient en effet massivement présentes, parmi ces quelques 150 000 Tunisiens descendus dans la rue.

Et à l’heure où la Tunisie est marquée par l’émergence sanglante de foyers de violences, sur le Mont Châambi, mais aussi jusqu’aux banlieues de notre capitale, ce rassemblement se déroula sans problème notable, au cours de cette mémorable soirée de ce mardi 6 août, sur la place du Bardo. Même la police s’est faite discrète, et on n’aura à regretter ni lacrymogène, ni les matraques qui se sont abattues sur les participants, aux premiers jours du sit-in. Fait notable à relever, la police tunisienne aura réussi, pour la deuxième fois d’affilée, (après la manifestation d’Ennahdha à la Kasbah), à se montrer à la hauteur de l’événement.

le trône du peupleEt si on a beaucoup glosé ces derniers jours, sur le militantisme chic de la classe bourgeoise et tunisoise, on remarquera que les manifestants rassemblés pour raviver la flamme du souvenir du martyr Chokri Belaid appartiennent à toutes les couches sociales. Des bus ont même ramené pour l’occasion les fils de nos régions, en une communion sans précédent.

Une pointe de poésie délivrée par le barde Sghaier Ouled Ahmed, le chantre de la féminité tunisienne, a peut-être contribué à détendre l’atmosphère. Un air de victoire, de revanche pour l’opposition. Qui osera encore la qualifier de «zéro virgule» ? En tous cas pas Rached Ghannouchi qui multiplie les concessions de dernière minute, jusqu’à clamer que ce sont «les Destouriens et les communistes qui ont mené la Tunisie à l’Indépendance». Du côté d’Ettakatol, Mustapha Ben Jaâfer, a annoncé, avec une tête d’enterrement de circonstance, la suspension des travaux de la Constituante, dans l’attente de la reprise du dialogue entre adversaires politiques. Mais la foule qui défile ce soir n’en a cure.

La marée humaine qui a déferlé sur le Bardo, avec le drapeau national et ses couleurs rouge et blanche brandies au bout de milliers de bras, conduit fermement les partis au pouvoir dans leurs derniers retranchements. Mais le plus dur reste à faire. Car s’il parait évident qu’un nombre grandissant de Tunisiens a fini par abhorrer la Troïka, il n’en reste pas moins que l’alternative ne paraît pas clairement définie pour autant.

On remarquera par ailleurs qu’aucun leader de l’opposition, n’a réellement pris les devants pour occuper la place du leader. Et il n’est pas dit que la turbulente jeunesse du Front Populaire accepte sans coup férir et pour longtemps, la prééminence de Caïd Essebsi.

Soufia Ben Achour

Tunisie : Tsunami rouge et blanc au Bardo
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