Mourou : Des Nahdhaouis ont voulu tuer Ben Ali
Mardi, 28 Février 2012 15:02

mourouMourou a accusé des dirigeants d’Ennahdha d’avoir projeté d’abattre l’avion de Ben Ali en 1991, à coup de missile sol-air Stinger. La même arme américaine abondamment utilisée par les moudjahidines afghans dans leur lutte contre l’ex Union Soviétique. Pis : selon lui, les mêmes responsables de ce projet qui date de 1991, sont aujourd’hui à la tête du parti.

Or selon Abdelfattah Mourou, ce sont ces personnalités (qu’il n’a pas voulu nommer) qui sont responsables de son éviction du parti qu’il a fondé. Ces déclarations ont été données sur les colonnes de Haqayeq, du vendredi 24 février. Sont-elles censées marquées une rupture définitive avec Ennahdha ? A priori, on peut difficilement affirmer le contraire. Mais Abdelfattah Mourou, multiplie les apparitions médiatiques, pour dénoncer l’extrémisme, avant d’afficher une complicité avec des prédicateurs tels Wajdi Ghanim. Certains en auraient même conclu que la modération de Mourou ne serait ainsi que tactique, puisque l’homme va jusqu’à affirmer vouloir séparer idéologiquement les enfants de leurs parents.

Et selon l’enregistrement de sa discussion avec le prêcheur salafiste, il aurait même, à l’entendre, refusé un poste que lui aurait pourtant proposé Ennahdha. D’autres, pourtant, ont même évoqué l’éventuel rapprochement de Maître Mourou de la galaxie Béji Caid Essebsi. Difficile, donc, dans cette confusion (savamment entretenue ?) de comprendre pourquoi ce missile médiatique choisit ce moment pour décoller. S’agirait-il encore une fois d’un pétard mouillé ? Rien n’est moins sûr. Surtout dans un contexte marqué par l’émergence de la nébuleuse salafiste, qui devient carrément menaçante, avec son aile jihadiste. Les événements récents de Bir Ali Ben Khalifa sont là pour le rappeler. Or à ce stade, tous les Nahdhaouis ne se sont pas vraiment clairement dissocier des salafistes. Rached Ghannouchi n’a-t-il pas publiquement déclaré que «ce sont nos enfants» ? Dans ce cadre, le témoignage de Mourou prend une autre dimension. Même si on lui reprochera d’avoir attendu plus d’une année après la Révolution pour se prononcer. Mais le timing choisi n’est pas fortuit, mais vraisemblablement calculé pour faire un maximum de dégâts.

Une chose est sûre : le Cheikh Mourou ne semble pas vraiment se remettre de sa déconfiture électorale du 23 octobre dernier. D’aucuns voudraient en faire une caution islamisante à des idées «progressistes». Une manière de se défaire à bon compte de l’image «a3taqni». Assistons-nous réellement à la mise à feu du missile Mourou ? Ou toute cette affaire ne serait qu’un pétard mouillé ?

Moez El Kahlaoui

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