Ni Radhouan Nouicer ni Rachid Khechana à la Ligue Arabe
Mercredi, 29 Février 2012 23:01

ligue-arabeLe gouvernement tunisien a retiré les dossiers de candidatures pour les postes de président du Centre de la Ligue Arabe à Tunis, et secrétaire général adjoint de la Ligue Arabe, sans fournir d’explication. Une initiative à première vue surprenante.

Une décision qui a fait le tour des journaux du Proche-Orient, et a suscité de nombreuses interrogations dans les milieux diplomatiques arabes en ce mercredi 29 février. Voici un petit éclairage maison sur la question.

rachid-khechanaC’est en effet Rachid Khechana, ex-rédacteur en chef d’El Mawqef, dirigeant du Parti Démocratique Progressiste, et responsable de la rubrique Maghreb auprès de la chaîne Al Jazeera, qui devait occuper la fonction de président du Centre de la Ligue Arabe à Tunis. Il s’agit donc d’un ex-collègue au ministre des Affaires Etrangères actuel, M. Rafik Abdessalem, même s’ils sont aujourd’hui dans des camps politiques opposés.

Quant au poste de secrétaire général adjoint de la Ligue Arabe, il devait revenir à Radhouan Nouicer, ex-secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères sous le gouvernement Mohamed Ghannouchi, reconduit sous le règne de Béji Caid Essebsi. Pour rappel, M. Nouicer avait quitté son poste de directeur régional (Moyen-Orient, Afrique du Nord) du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, pour rejoindre le ministère des Affaires Etrangères au lendemain de la Révolution.

Ces deux postes diplomatiques sont réservés à des Tunisiens aux termes d’un accord, depuis que le siège de la Ligue a été transféré de Tunis au Caire. Et les dossiers de candidatures de MM. Khechana et Nouicer ont été présentés en octobre 2011, lors de la visite de M. Nabil Arabi, le secrétaire général de la Ligue Arabe, en Tunisie. Et voici que les candidatures des deux Tunisiens ont été annulées in extremis, sans que notre gouvernement ne présente d’autres candidats pour les remplacer.

radhouan nouicer
Radhouan Nouicer, ex-secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères sous les gouvernements de Mohamed Ghannouchi, et de Caid Essebsi.

La diplomatie tunisienne désormais dirigée par Rafik Abdessalem, du parti Ennahdha aurait-elle voulu faire du passé table rase, en se débarrassant de personnalités guère proches de ses thèses ? Visiblement, le fait que M. Khechana soit également passé par la chaîne satellitaire qatarie n’a pas été jugé suffisant pour faire pencher la balance en sa faveur. Quant à M. Nouicer, sa proximité supposée avec l’ex-chef de la diplomatie tunisienne sous Ben Ali, à savoir M. Kamel Morjane, n’a pas dû plaider pour sa cause. Reste à savoir pourquoi notre gouvernement a attendu la dernière minute pour réagir, et surtout, qui il compte désigner pour ces postes stratégiques, dans la configuration actuelle de la diplomatie tunisienne.

Lotfi Ben Cheikh

Ni Radhouan Nouicer ni Rachid Khechana à la Ligue Arabe
 

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