Samia Abbou : «Il faut nettoyer le ministère de l’Intérieur»
Samedi, 14 Avril 2012 16:04

samia-abbou«Il faut nettoyer le ministère de l’Intérieur. Les tortionnaires, les symboles de la corruption, sont encore là. Si vous avez abandonnez votre droit à les poursuivre, d’autres tiennent à leur droit». Ainsi parle Samia Abbou, député du Congrès Pour la République, prenant à partie le ministre de l’Intérieur Ali Laâridh, le jeudi 12 avril, dans l’hémicycle de l’Assemblée Constituante.

«Où sont les snipers qui tiraient sur les citoyens comme d’autres tirent des pigeons ? Ils sont à ce jour encore là. (…) Tous les policiers ne sont pas corrompus, mais des symboles de l’ancien régime sont demeurés à leur place» relève Mme Abbou, qui précise : «Et même si des citoyens n’ont pas respecté la loi, le ministère de l’Intérieur ne doit pas enfreindre la loi».

Samia Abbou décidément en verve, ce jour-là, a martelé : «Je condamne fermement ce qui s’est passé le 7 et le 9 avril. Ces agissements sont très graves, et représentent une grave atteinte à la dignité du citoyen tunisien. Il n’est pas normal que nous puissions voir les policiers de Ben Ali matraquer les citoyens comme à l’époque de Ben Ali».

samia-abbouMme Abbou réclame ainsi : «Dans les manifestations, nous ne voulons plus voir des policiers en civil. Ils doivent être en uniforme, avec un matricule bien mis en évidence». Rappelant que «si nous ne procédons pas aujourd’hui à l’assainissement du ministère, ces agissements vont se reproduire, une deuxième, une troisième, une quatrième fois».

Pour rappel, c’est Mohamed Abbou, l’époux de Samia Abbou, qui était dans un premier temps pressenti pour diriger le ministère de l’Intérieur. Et Abbou ne cachait pas, au lendemain des élections du 23 octobre, sa volonté de passer le ministère en question au karcher. Avant que le parti dominant de la troïka, à savoir Ennahdha, ne se décide à lui préférer Ali Laâridh. Mohamed Abbou obtiendra le portefeuille du ministère nouvellement créé, celui de la Réforme administrative.

Les critiques particulièrement dures émises par la députée Abbou interviennent dans un contexte où les policiers se sont distingués à plusieurs reprises, par l’usage d’une violence disproportionnée pour gérer la contestation. Ainsi, les blessés et les familles des martyrs de la Révolution ont été matraqués devant le ministère des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle. Le 7 avril, la manifestation de l’Union des Diplômés Chômeurs a également été durement réprimée. Et la violence policière atteindra même des sommets, le 9 avril, dans l’avenue Habib Bourguiba, qu’Ali Laâridh a voulu interdire aux manifestants, avant de revenir sur sa décision, devant le tollé généralisé.

Moez El Kahlaoui

Samia Abbou : «Il faut nettoyer le ministère de l’Intérieur»
 

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